Paris va quasi doubler la taxe sur les logements vacants : ce que vous devez savoir

Paris va quasi doubler la taxe sur les logements vacants : ce que vous devez savoir
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Un signal fort pour les propriétaires de logements vacants à Paris

À peine élu, Emmanuel Grégoire, nouveau maire socialiste de Paris, a placé la question du logement en tête de ses priorités avec une formule sans ambiguïté : « C'est le moment de vendre les logements vacants, car ça va cogner très fort. » Le ton est donné. Dans une ville où le prix moyen du mètre carré approche les 10 000 euros et où la pénurie de l'offre locative bloque les parcours résidentiels, la municipalité a choisi de s'attaquer frontalement à la vacance des logements.
Le levier choisi est fiscal. La loi de finances pour 2026 permet désormais aux villes situées en zone tendue — Paris en tête — de quasi doubler la taxe sur les logements vacants à partir de 2027. L'objectif affiché par la Ville est de remettre au moins 20 000 appartements sur le marché locatif parisien.

L'ampleur du problème : un logement sur cinq inoccupé à Paris

Pour comprendre l'urgence ressentie par la municipalité, les chiffres de l'INSEE parlent d'eux-mêmes. Selon les dernières données disponibles, datant de 2022, un logement parisien sur cinq est inoccupé, soit 274 000 logements au total. Ce chiffre se décompose en deux parts égales : 137 000 logements véritablement vacants et 137 000 résidences secondaires ou logements occasionnels vides la majeure partie de l'année. Et la tendance ne s'améliore pas : la part de logements inoccupés est passée de 7 % à 10 % du parc parisien en un peu plus de dix ans.

À l'échelle nationale, la France recensait en 2025 quelque 3 millions de logements vacants selon l'INSEE. Après une forte hausse entre 2005 et 2019, leur part a légèrement reflué, passant de 8,1 % en 2019 à 7,7 % en 2025. Paris, avec son taux de 10 %, reste donc bien au-dessus de la moyenne nationale.

TLV à Paris : ce que la réforme 2027 change concrètement pour les propriétaires

Dans le détail, la réforme permet désormais de faire passer la taxe annuelle de 17 % à 30 % de la valeur locative cadastrale au bout d'une année de vacance, et de 34 % à 60 % au bout de deux ans. Concrètement, selon une première estimation de la Ville de Paris, la taxe passerait de 2 000 à 4 000 euros par an pour un appartement moyen laissé inoccupé pendant deux ans ou plus. C'est Jacques Baudrier, adjoint au maire chargé du logement, qui a fourni cette estimation, en précisant lui-même qu'elle restait approximative, la municipalité ne percevant jusqu'à présent pas directement le produit de cette taxe — qui était collectée par l'État. La réforme prévoit justement que ce produit soit désormais affecté directement au budget des communes.

Après 1 an de vacance : taux passant de 17 % à 30 % de la valeur locative cadastrale.
Après 2 ans de vacance : taux passant de 34 % à 60 % de la valeur locative cadastrale.
En euros : environ 2 000 € → 4 000 € par an pour un appartement moyen parisien (estimation Ville de Paris).
Entrée en vigueur : 2027, dans le cadre de la loi de finances pour 2026.

Quels logements sont concernés par la taxe sur les logements vacants ?

La TLV s'applique aux logements non meblés situés dans les zones tendues (dont Paris et toute l'Île-de-France) laissés vacants depuis plus d'un an. Sont concernés : les appartements inoccupés, les biens hérités non encore mis sur le marché, les pièds-à-terre utilisés moins de 90 jours par an, et les logements en attente de travaux ou de vente.

Certains cas permettent toutefois d'échapper à la taxe. Sont exonérés les logements rendus inhabitables par des travaux nécessitant plus d'un an de chantier, les biens occupant un marché de la vente difficile (sous réserve de justificatifs), ainsi que les logements qui ont été mis en location ou en vente à un prix de marché normal. En cas de doute sur votre situation, il est conseillé de consulter votre centre des finances publiques ou de vous rapprocher d'un conseiller immobilier local.

Un dispositif fiscal pensé pour inciter les propriétaires à agir, pas pour punir

La Ville de Paris tient à le souligner : l'objectif n'est pas de remplir les caisses municipales, mais de provoquer un mouvement. « Notre but sera de percevoir le moins d'argent possible », a déclaré Jacques Baudrier. « Nous communiquons à l'avance pour que les propriétaires aient le temps de vendre ou de remettre en location leurs logements vacants. » En ce sens, la communication précoce autour de cette mesure est elle-même un outil : elle laisse aux propriétaires une fenêtre de deux ans pour agir avant que la taxe renforcée entre en application.
Il faut néanmoins nuancer l'efficacité attendue de ce type de mesure. Un rapport de la Cour des comptes publié en 2025 sur la lutte contre les logements vacants a estimé les résultats des taxes existantes « limités », en soulignant que malgré l'extension de leur champ d'application et la majoration des taux en 2023, ces taxes ne semblaient pas avoir d'effet significatif sur le volume global de logements vacants. La Cour reconnaît toutefois que des études économétriques récentes semblent trouver une corrélation entre la mise en œuvre de la taxe et une baisse du taux de vacance dans certains secteurs.
Suzanne Brolly, présidente de l'association Agir contre le logement vacant — à laquelle 23 collectivités locales adhèrent — confirme que cette réforme de la fiscalité sur les logements vacants figurait en tête des demandes de son association. D'autres villes devraient donc suivre l'exemple parisien dans les prochains mois.

Ce que font les autres grandes villes du monde

Paris n'invente pas cette stratégie. Bruxelles s'est distinguée par un triple dispositif particulièrement sévère. Dans la région de Bruxelles-Capitale, maintenir un logement inoccupé pendant plus de douze mois constitue une infraction administrative, sanctionnée par une amende progressive et extrêmement dissuasive : 7 500 euros la première année, 15 000 la suivante, 22 500 la troisième, et ainsi de suite. Les pouvoirs publics bruxellois peuvent également exercer un droit de gestion publique — une forme de réquisition temporaire — pour mettre un bien inoccupé ou insalubre à la disposition d'un ménage mal logé. Résultat : on constate de moins en moins d'inoccupations qui perdurent plusieurs années, selon les acteurs du secteur bruxellois.
À New York, c'est le maire démocrate Zohran Mamdani qui a annoncé, le 15 avril dernier, une taxe sur les « pied-à-terre » de luxe dépassant 5 millions de dollars et inoccupés la majeure partie de l'année. Une première pour l'État de New York, qui devrait générer 500 millions de dollars de recettes annuelles, avec l'objectif que les plus fortunés contribuent à hauteur de ce qu'ils doivent au budget de la ville.

Vous êtes propriétaire d'un logement vacant à Paris ? Voici comment éviter la TLV

Si vous possédez un logement inoccupé à Paris — qu'il s'agisse d'un bien hérité, d'un appartement en attente de travaux, d'une résidence secondaire ou d'un bien sorti du marché locatif — la fenêtre pour agir sereinement est ouverte, mais elle se referme. La Ville a choisi de communiquer en amont précisément pour laisser le temps aux propriétaires de prendre les bonnes décisions : vente, remise en location, ou rénovation préalable.
Chaque situation est différente. Une succession difficile à régler, des travaux nécessaires avant toute mise sur le marché, ou simplement l'incertitude sur la valeur actuelle du bien : autant de situations où l'accompagnement d'un professionnel immobilier ancré localement peut faire toute la différence entre subir la taxe et optimiser votre patrimoine.

Les principales solutions pour éviter ou réduire la taxe sur les logements vacants à Paris sont au nombre de trois. La première est la mise en location : confier votre bien à un professionnel via un mandat de gestion locative vous permet de générer des revenus tout en sortant du champ d'application de la TLV. La deuxième est la mise en vente : si votre logement vacant à Paris représente avant tout un capital dormant, une estimation gratuite vous permettra de connaître sa valeur réelle et de décider en pleine connaissance de cause. La troisième est la rénovation préalable : certains travaux permettent d'obtenir une exonération temporaire le temps du chantier. Dans tous les cas, agir avant 2027 vous laisse la maîtrise de votre stratégie patrimoniale — et vous permet d'éviter que la taxe double décide à votre place.

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